samedi 2 janvier 2016

Hors sujet : Mon accouchement

Comme vous le savez si vous suivez ce blog, je suis depuis 4 mois déjà l'heureuse maman d'un petit bout d'homme prénommé Gabriel. Lorsqu'il était encore dans mon ventre, je parcourais le web à la recherche de témoignages de mamans ayant eu un accouchement naturel et l'ayant bien vécu.
Hors, si la toile regorge d'histoires terribles, on y trouve finalement peu de récits heureux.

Aujourd'hui, je vous propose donc de vous raconter l'un des moments les plus forts de ma petite existence : mon accouchement.

Alors, certes, cet article ne rentre pas dans le thème principal du blog, à savoir les soins et la pousse des cheveux. Je comprendrait donc qu'il n’intéresse pas tous ceux qui parcourent ces lignes. Mais si vous êtes une maman en devenir, ou si vous êtes tout simplement intéressé par le sujet, je vous invite à poursuivre votre lecture !

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La grossesse


Après 9 mois d'essais infructueux et la crainte grandissante de ne jamais pouvoir être maman, enfin, j’annonçais à mon compagnon qu'un petit être se développait dans mon ventre. C'était le début d'une longue aventure qui allait révolutionner nos vies, à un point que je n'imaginais pas encore.

Les début ont été difficiles : crainte d'une fausse couche, deux mois entiers à rendre tripes et boyaux jusqu’à ne plus réussir à avaler une seule goutte d'eau sans la voir repartir, puis une fatigue extrême qui ne me permettait pas de faire grand-chose en dehors du boulot.
Les mois suivants ont été les plus agréables : les nausées avaient disparu aussi vite qu'elles étaient apparues, et je n'étais pas encore gênée par mon ventre, encore peu volumineux.
Les deux derniers mois ont été très longs, je ne reconnaissais plus mon corps qui devenait très encombrant, et je supportais mal la fatigue, les remontées acides, les nerfs sciatiques comprimés, les coups d'un bébé plein de vitalité qui terminait sa croissance bien au chaud, dans mon bidon. Et comme il avait décidé de rester la tête en haut, nous avons choisi (après avoir beaucoup hésité) de réaliser une manœuvre externe pour l'aider à se retourner, et nous donner la chance de peut être pouvoir vivre un accouchement peu médicalisé.

Les dernières semaines, il y a eu l'attente, et le pré-travail. Beaucoup de contractions et de nuits blanches. Un peu de rangement et de ménage. J'étais vraiment pressée rencontrer enfin mon petit bout, et les derniers jours m'ont donné l'impression d'une douce éternité, ou à chaque minute, tout pouvait arriver… Malgré les cours de préparation à l'accouchement, je craignais de ne pas savoir quand il faudrait partir pour la maternité.

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♣  Notre accouchement
Aujourd'hui, nous sommes samedi. La date du terme est dépassée de 3 jours, et nous avons rendez vous à la maternité pour le suivi post terme. Après un court examen et un contrôle monitoring, la sage femme nous dit que le col, déjà ouvert à 2 depuis plusieurs jours, s'est légèrement modifié. Elle me prescrit de l'homéopathie à prendre lorsque le travail aura commencé, et me conseille de beaucoup marcher. Si rien ne se passe d'ici là, l'accouchement sera déclenché le mardi suivant.

Avec le presque-papa, nous mangeons au restaurant, rentrons chez nous et partons faire une longue ballade près de la maison. Il fait chaud, mon ventre est lourd, je sens le bébé qui appuie sur le col à chaque foulée. Une fois la promenade terminée, je me sens exténuée. Les nausées sont revenues, je crois que je n'ai pas digéré mon repas de midi...Après un rapide tour aux toilettes où mon estomac à renvoyé son contenu... Je file me coucher.

Il est 11h du soir. Les contractions sont revenues. Je me lève pendant que mon chéri part se coucher, et essaye de récupérer. Je sens que cette fois sera la bonne.

A minuit, les contractions sont rapprochées et régulières. Ça commence à faire mal, rien à voir avec celles des jours précédents. Ça ressemble un peu aux douleurs prémenstruelles, en beaucoup plus fort. Je vais prendre un bain, j'essaye de bien maîtriser ma respiration, avec de longues expirations comme me l'avait appris la sage femme, puis j'utilise le ballon prêté par ma grande sœur.
La douleur reste gérable, mais je suis persuadée que c'est pour aujourd'hui. Du coup, je ne prend pas de Spasfon.

2h du matin, j'ai vraiment mal, et un peu peur d'accoucher à la maison, d'autant que nous sommes à 30 minutes de la maternité. Je file réveiller mon homme qui s'habille en vitesse, attrape la valise, et c'est partit !
Dans la voiture, je m'agrippe à la poignée à chaque nouvelle contraction, je souffle tranquillement.
Arrivés à la maternité, après examen et monitoring, tout va bien, bébé supporte bien les contractions, et le col est ouvert à 3 doigt déjà. Ouf !

Nous montons nous installer dans la chambre et je patiente, pendant que mon homme s'endort sur le fauteuil accompagnant. Je fais les 400 pas (au moins!), m'allonge parfois, puis me relève, souffle encore, et encore.

A 6h, la douleur est encore plus forte, nous redescendons pour savoir où en est le travail. L'équipe est surprise de me voir descendre si tard. Le col est ouvert à 6, bien effacé, bébé va bien.
On me propose d'utiliser la grande baignoire, mais je refuse. Pourtant elle avait l'air confortable et je pensais m'en servir avant mon accouchement. Mais je préfère rester dans ma bulle, me concentrer sur ma respiration et sur le bébé qui descend petit à petit dans mon bassin. Je sais que les contractions et la douleur qui les accompagne sont utiles, et me rapprochent chaque fois un peu plus de la fin. Je m'accroche à cette idée.



A 10h, garanti sans photoshop ;)
 On me propose la péridurale que je refuse. Je ne me la suis jamais interdite, mais je souhaitais vraiment faire sans, principalement parce que l'accouchement est une expérience typiquement féminine que je souhaitais vivre à fond, ressentir vraiment, mais aussi parce que je voulais rester connectée à mon bébé, être active.
Rien ne me faisait plus peur que de subir la douleur, scotchée au lit, reliée à des tuyaux, ou d'attendre passivement que ça se fasse, complètement anesthésiée. La sage femme n'insiste pas, ce que j’apprécie, elle me félicite, me dit que je gère bien. Un vrai soutien !

J'utilise le ballon, et mon compagnon me masse vigoureusement le bas du dos. Un membre de l'équipe m'apporte une alèse chaude et la noue autour de mon ventre. Ça fait du bien !

Les heures défilent, je me sens confiante et rassurée. Mon compagnon m'encourage et me soutient.


10h : J'ai l'impression que ça commence à pousser. Nous appelons les soignants : le col est à dilatation presque complète, et cette fois, on m'installe en salle d’accouchement.

Après quelques soins techniques (pose de cathéter, au cas où il y aurait des complications), je suis prête, et les premières poussées arrivent. Je crie et j'ai le souffle coupé, parce que c'est très douloureux, mais aussi parce que c'est une sensation incroyablement nouvelle. Mon homme est toujours là, je serre sa main, il me dit de penser à bien respirer. Je me concentre et essaye de visualiser ce qui se passe. Le passage de la tête me semble interminable. La sage femme me propose le MEOPA (gaz hilarant héhé). Quelques bouffées me font tourner la tête. Je le repose presque immédiatement. Elle me propose également de me mettre sur le côté, mais je ne m'y sens pas bien. Je suis dans ma bulle, et ne pense à rien d'autre qu'à mon enfant, en train de sortir. Enfin, après une bonne demi heure, la tête du petit bout est dehors, bientôt suivie du reste de son corps, puis du placenta... et on le pose sur mon ventre.

Dimanche, 11H03. Mon fils a poussé son premier cri.
Je le regarde, hébétée. « C'est mon bébé ? C'est mon fils ? ». Lové contre moi, il semble s'être calmé et me regarde intensément. Après 9 mois de cohabitation, nous nous découvrons enfin ! Je regarde mon compagnon : le bonheur et la fierté se lisent sur son visage. Je le remercie intérieurement. Sans son soutien, tout aurait été tellement plus difficile !

La sage femme fait quelques points de couture et nous restons là, tous les trois, mon compagnon nous enlaçant avec douceur et tendresse. Plus rien n'existe autour de nous.

***

Voilà, c'est terminé !
Alors, il est vrai que mon accouchement n'était pas le moment le plus confortable de mon existence. Mais c'était l'un des épisodes les plus beaux et intenses de ma vie et je suis heureuse d'avoir eu la chance de pouvoir le vivre pleinement. Il restera gravé dans ma mémoire et dans ma chair jusqu'à la fin de mes jours.

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4 commentaires:

  1. Coucou Amayoko,

    Tout d'abord, meilleurs voeux à tous les trois en cette nouvelle année qui commence.
    Merci d'avoir partagé ce récit très intime et de l'avoir illustré avec des photos.
    J'ai l'impression de me revoir avec mon fils il y a déjà 5 ans, c'est très émouvant.
    Je comprends ta décision d'avoir renoncé à la péridurale, c'est ce que j'ai fait également, mais tout comme toi, je me suis réservée l'anesthésie locale en cas de mauvaise maîtrise de mon corps et des douleurs.
    (Certaines femmes veulent la péridurale et il n'y a pas de quoi les culpabiliser, c'est une décision très personnelle motivée par plusieurs raisons).
    Arrivée pratiquement au bout, je dirais 10 min. avant la naissance du petit, j'ai failli craquer car la douleur - déjà très forte auparavant - était soudainement devenue intolérable... dans un dernier élan de désespoir, j'avais dit à la sage-femme "mon dieu, mon dieu", elle s'est montrée fort encourageante et m'a soutenue jusqu'au bout, en me disant que j'étais forte et courageuse.
    Enfin je vais m'arrêter là, mais je partage ton émotion et je pense également que la naissance d'un enfant est le plus beau cadeau dans la vie d'une femme.
    Encore plein de bonheur à la petite famille <3


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    1. Coucou Ombelline !

      Meilleurs vœux à toi aussi et à toute ta famille !

      Merci pour ton commentaire ! Je suis ravie que cet article t'ait plu et t'ait rappelé de beaux moments ;)

      Lorsque tu dis que "Certaines femmes veulent la péridurale et il n'y a pas de quoi les culpabiliser" et que "c'est une décision très personnelle motivée par plusieurs raisons" : je suis entièrement d'accord avec toi.

      Dans mon récit, j'ai parlé des raisons qui m'ont poussé à faire ce choix, mais il s'agit bien de mes raisons et je comprend qu'elles puissent ne pas être partagées.

      J'ai pu me passer de péridurale cette fois parceque les conditions le permettaient (pas de complications, soutien du papa et de l'équipe, accouchement relativement rapide, préparation à la naissance qui m'a semblé efficace, expérience de mes soeurs aussi) et j'en suis ravie. Mais pour un prochain accouchement, si les conditions sont différentes, qui sait ce que je choisirais ? :)

      A mon sens, la péridurale est un bel outil pour les accouchements difficiles, mais je trouve dommage qu'elle soit systématiquement proposée, même lorsque ça se passe bien.

      J'ai écris cet article pour que celles qui hésitent sachent que sans, c'est possible, sans pour autant en être traumatisée après, et même en gardant un excellent souvenir de son accouchement ! J'espère ne pas avoir été culpabilisante ! (ce n'était en tout cas pas le but) :)

      C'est vrai que la fin est difficile, je ne m'attendais pas à ce genre de sensation, ni à la puissance des contractions et je pense que c'est là que le soutien et l'accompagnement des soignants a toute sa place. ^^

      Plein de bonheur à toi aussi ! <3

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  2. Bonjour Amayoko,

    Je me sens émue de te lire.
    Merci d'avoir partagé avec autant de simplicité et de sincérité cette étape merveilleuse de ta vie.

    Grâce à toi, j'ai à nouveau repensé à mon accouchement à la maison, à la douleur immense et nécessaire, au découragement et au courage venu de je ne sais où, aux larmes de mon compagnon en m'entendant hurler, la naissance de ma Fille qui a tout balayé ce qui avait pu exister avant Elle... C'était il y a quatre mois et c'est toujours aussi présent en moi. J'en ai encore les larmes qui me viennent. Souvenirs saints...

    Belle nouvelle année en famille.

    Isaline

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  3. Très émouvant de lire le récit de ton accouchement, en te lisant, cela m'a rappelé un peu le déroulement de celui de ma fille le 15 février, qu'elle m'a raconté au téléphone, je n'ai pas encore vu mon petit fils ni ma fille depuis son accouchement, comme tu dois t'en douter pas facile, mais c'est ainsi, nous les verrons en Avril.
    Merci Ombelline je te souhaite beaucoup de bonheur avec ton compagnon et votre fils, bisous, fanfan

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